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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 16:00

Prendre la mouche

 

Le XVIIIème siècle invente « les mouches ». Il s'agit de petites rondelles de velours noir que les femmes appliquent sur leur décolleté ou leur visage pour être plus belles.

Mais l'emplacement de la mouche a son importance car elle est un message très clair envoyé aux soupirants :

  • au coin de l’œil : « ne m'approchez pas »

  • sur la joue gauche : « je suis ouverte aux propositions »

  • sur la joue droite : « je suis mariée »

  • sur la lèvre supérieure : « je suis gourmande »

  • sur le nez : « je suis effrontée »

  • sur la poitrine : « je suis généreuse »

 

 

 

 

Quelques citations & proverbes

 

« Les lois sont des toiles d'araignées à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites »

Honoré de Balzac

 

« Des mouches aux mains d'enfants espiègles, voici ce que nous sommes pour les dieux ; ils nous tuent pour s'amuser »

William Shakespeare

 

« L'aigle a beau avoir des serres, il ne pourrait capturer une mouche »

Proverbe chinois

 

Un classique : le coche et la mouche

 

Un ministre, dont j'étais le conseiller, me donnait tous les jours ses directives pour élaborer le plan national de développement de la sécurité publique de son pays.

Il avait tellement d' idées que j'avais parfois du mal à le suivre sur ce chemin intellectuel « montant, sablonneux, malaisé...» où les mots se télescopaient, changeaient au gré des humeurs du moment, partaient puis revenaient

Il me faisait penser à la fable de La Fontaine, le coche et la mouche. Je l'ai donc surnommé « la Mouche »

 

 

Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé

Et de tous les côtés au soleil exposés

six forts chevaux tiraient un coche.

Femme, moine, vieillard, tout était descendu.

L'attelage suait, soufflait, était rendu.

Une mouche survient, et des chevaux s'approche,

Prétend les animer par son bourdonnement,

Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment

Qu'elle fait aller la machine,

S'assied sur le timon, sur le nez du cocher.

Aussitôt que le char chemine,

Et qu'elle voit les gens marcher,

Elle s'en attribue uniquement la gloire,

Va, vient, fait l'empressée : il semble que ce soit

Un sergent de bataille allant en chaque endroit

Faire avancer ses gens et hâter la victoire.

La mouche, en ce commun besoin,

Se plaint qu'elle agit seule, et qu'elle a tout le soin ;

Qu'aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire.

Le moine disait son bréviaire :

Il prenait bien son temps ! Une femme chantait :

C'était bien de chansons qu'alors il s'agissait !

Dame mouche s'en va chanter à leurs oreilles,

Et fait cent sottises pareilles.

Après bien du travail, le coche arrive au haut :

« Respirons maintenant, dit la mouche aussitôt :

J'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine.

Çà messieurs les Chevaux, payez moi de ma peine. »

 

Ainsi certaines gens, faisant les empressés,

S'introduisent dans les affaires :

Ils font partout les nécessaires,

Et partout importuns, devraient être chassés

 

Jean de La Fontaine

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 18:00

En attendant le retour du beau temps, j’ai lu, suivant le conseil éclairé de Marie-Anne

« L’Albine » de Fernand Dupuy. (Livre de poche Impr 1980)

Instituteur puis député, il nous conte l’histoire de l’Albine, une maîtresse femme, du curé

« Amourdedieu », du « braconneur » « Loin du ciel », histoire de son pays (Périgord vert / Limousin)

Cette histoire me rappelle quelques années passées durant mon enfance à Vira (Ariège) dans la ferme des grands-parents de mon oncle, en compagnie de 2 vaches, 2 bœufs, oies et canards…En lisant l'Albine, j'ai revécu ces belles années !

Voici quelques extraits de ce livre, pour le plaisir de lire…

L'Albine de Fernand Dupuy

L’âme

L’auteur (enfant) et son copain Albert avaient accroché sur la plus haute branche du grand chêne de la place de l’église, trois oisons.

« Vous imaginez la consternation et l’indignation de tous les gens du village rassemblés autour du curé, Amourdedieu.

« Des garnements, des voyous, je vous dis, moi. Accrocher ces pauvres petites bêtes par le cou, quelle cruauté ! Il faut être bête et méchant, c’est de la graine d’assassin ! « Priez pour eux, priez pour sauver leur âme.

- Leur âme ?

Vous croyez qu’ils en ont une, monsieur le curé ?

Nous étions là , Albert et moi, au 1er rang, imperturbables sous l’avalanche : voyous, cruels, bêtes, méchants, l’âme en perdition !

L’âme, qu’est-ce que ça peut bien être ? Albert interroge le curé : C’est quoi l’âme, monsieur le curé ?

- L’âme, l’âme, eh bien, c’est l’âme voyons, l’esprit, ton esprit, ta conscience -

- Ah bon ! Albert était rassuré ; il n’avait rien compris mais il était quand même rassuré car, apparemment, il ne lui manquait aucun organe essentiel ; l’âme, l’esprit, la conscience : de grands mots.

Il faut toujours que les grandes personnes emploient de grands mots. »

La noce au village – le menu

Voilà qui plairait à Jacques…et qui va rappeler des souvenirs à ma femme lorsque, jeunes mariés, nous visitions la famille ariégeoise.

Il s’agit du mariage du Piarrou et de la Marissou

« La soupe d’abord, indispensable, inévitable – et une bonne soupe épaisse pour éviter la plaisanterie bien connue qui veut que l’on fasse mine de nager devant une soupe trop claire.

Comme entrée : des pâtés de foie du cochon ; des poules bouillies avec des légumes en vinaigrette et des tourtières (larges tourtes garnies de pommes de terre).

Après les entrées, du civet de lapin. Et ensuite, le gigot de mouton avec des haricots blancs.

Des poulets rôtis.

De la salade.

Des fromages.

Et enfin la pièce montée : pyramide faite de petites boules de pâte à choux, garnies de crème. Sur le haut de la pyramide trône une petite poupée habillée en mariée.

Le tout sera arrosé de vin blanc, puis de vin rouge ; du vin cacheté.

Café, liqueurs (du brou de noix pour les dames, de l’eau de vie pour les hommes).

C’était un menu pantagruélique dont la tradition se perpétue.

Le râtelier de la mère Suzanne

La noce se poursuit.

« on mange encore, on boit toujours et on chante, on chante.

Quelques-uns ont atteint la limite, ils sont éteints ; d’autres, au contraire, sont en pleine forme, débordant d’excitation. Entre les deux, le grand Louis en est au stade des épanchements sentimentaux. Mais personne n’est vraiment hors de combat ; seul le père Arthur a dû être évacué.

Quant à la mère Suzanne, elle a été un peu malade et personne sans doute ne l’eût remarqué, n’eut été un incident vraiment peu banal qui ne s’invente pas.

Madame donc, la Suzanne était sortie discrètement pour se soulager.

Las ! Dans un hoquet intempestif, son dentier – on dit ici le râtelier – se décrocha et partit avec le reste.

Le temps qu’elle se remette un peu, qu’elle demande une bougie pour retrouver son râtelier, le chien du grand Louis était passé par là et avait fait place nette.

Le lendemain et le surlendemain, le chien fut attaché pour que l’on puisse plus facilement surveiller « ses livraisons » mais rien ne vint…

Il fallut faire venir le vétérinaire, conduire le chien à Angoulême pour une radio et se résoudre enfin à l’opération chirurgicale.

Leçon de vocabulaire

« Le coq chante, cocorico, la poule caquette, la chien aboie quand le cheval hennit et que beugle le bœuf et meugle la vache, l’hirondelle gazouille, la colombe roucoule et le pinson ramage .

Les moineaux piaillent, le faisan et l’oie criaillent quand le dindon glousse.

La grenouille coasse mais le corbeau croasse et la pie jacasse, et le chat comme le tigre miaule, l’éléphant barrit, l’âne brait mais le cerf rait, le mouton bêle évidemment et bourdonne l’abeille.

La biche brame quand le loup hurle.

Mais sais-tu que le canard nasille, que le bouc ou la chèvre chevrote, que le hibou ulule mais que la chouette, elle, chuinte, que le paon braille, que l’aigle trompette ?

Sais-tu que si la tourterelle roucoule, le ramier caracoule et que la bécasse croule, que la perdrix cacabe, que la cigogne craquette et que si le corbeau croasse la corneille corbine et le lapin glapit quand le lièvre vagit.

Sais-tu que l’alouette grisole, que le pivert picasse ou que le sanglier grommelle, que le chameau blatère et que c’est à cause du chameau que l’on déblatère !

Et encore sais-tu que la souris, la petite souris grise Devine ! La petite souris grise chicote…et que le geai cajole....~~ »

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 16:23

Albert Einstein, relativise l'existence de Dieu et de la religion dans une lettre écrite à un ami, un an avant sa mort, en 1954.

 

"Le mot Dieu n'est, pour moi, rien d'autre que l'expression et le produit de la faiblesse humaine. (…) La Bible est une collection de légendes et de contes de fées, certes honorables mais primitives et infantiles", confiait le Prix Nobel de physique de 1921 au philosophe juif Erik Gutkind.

 

 

                                                  *     *     *    

 

"Le souvenir du bonheur n'est plus le bonheur.

Le souvenir de la douleur est la douleur encore"

 

                                                                              Lord Byron

 

"Si tu veux marcher vers le futur, retournes à tes racines"

                                                                              

                                                                              Machiavel                                                                                                                                                                                                                                                           

 

 

"L'heure passée est sans retour, profite du bel âge, il s'envole si vite !"

 

                                                                          (Ovide, l'art d'aimer)

 

 

"Toutes les femmes abandonnées se souviennent avec délices de ce qu'elles ont subi. L'absence leur est l'unique mal; l'absence sans retour est le seul mal irréparable"

                                                                François Mauriac (La fin de la  nuit)

 

 

"Une femme est  franche quand elle ne fait pas de mensonges inutiles"

                                                                    

                                                                 Balzac (Peau de chagrin)

 

 

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 09:49

Comme ils savaient jouer avec les mots !


Je suis très émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
la une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde comme la plus étroite
en amitié, en un mot la meilleure preuve
que vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude où j'ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi, en y songeant j'ai l'âme
grosse. Accourez donc vite et venez me la
faire oublier par l'amour où je veux me
mettre.

 


Romantique n'est-ce pas ?

 

Maintenant, lisez la lettre de George Sand

 

mais en sautant une ligne à chaque fois….

 


Je suis très émue de vous dire que j'ai
toujours une envie folle de me faire
baiser et je voudrais bien que ce soit
par vous. Je suis prête à montrer mon
cul, et si vous voulez me voir aussi
toute nue, venez me faire une visite.
Je vous prouverai que je suis la femme
la plus profonde comme la plus étroite
que vous puissiez rêver, puisque votre
bite est bien longue, bien dure et souvent 
grosse. Accourez donc vite et venez me la 
mettre.

 

 

MUSSET(1810-1857)

s’empressa de répondre :

 

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un coeur
Que pour vous adorer forma le Créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin de mes vers lisez les premiers mots :
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

 

Mais ici, il ne faut lire que le premier mot de chaque vers, ce qui donne:

 

« Quand voulez-vous que je couche avec vous ? »

 


Tout ceci est parfaitement authentique !

Guy 

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